Lundi matin en arrivant au travail, je vis depuis ma voiture de l’autre côté de la route un type qui traînait le monde et des rouleaux de papier sur ses épaules. Même de loin on l’entendait penser encore une semaine à tirer et le lundi est à peine entamé. Il effectuait des va-et-vient d’une fourgonnette blanche jusqu’au trottoir où il déposait son paquetage. Enfin, muni de seaux et d’une brosse, sa casquette vissée sur la tête, les épaules basses, il revint vers un gros panneau d’affichage qu’il badigeonna d’une colle blanche avant d’y appliquer machinalement les bandes de papier déposées à ses pieds. Il ne regardait ni à gauche ni à droite, il apposait des affiches pour, à la fin du mois, toucher de quoi subsister jusqu’à la paye suivante et si possible jusqu’à une retraite qui ne devait plus être trop éloignée.

Le feu rouge d’où je l’avais remarqué est devenu vert. En passant devant lui, j’ai consulté ce qui figurait sur l’affiche. Un type blond hilare, des lunettes sur le nez, souriait béatement en révélant au monde entier cette confidence : « McOptic vous rend heureux ! »

McOptic