Sans aucun mérite apparent, des individus ont droit aux feux de la rampe. La rubrique people des journaux est, à cet égard, pleine d’exemples. D’autres, nous( !), mériterions incontestablement mieux que le semi anonymat dans lequel nous nous trouvons plongés.

On n’éprouve aucune difficulté à mesurer sa taille en centimètres, à connaître son poids en kilogrammes, mais à quoi évalue-t-on son importance ? Aux découvertes qui nous survivront, peut-être, mais c’est relativement frustrant dans l’immédiat. À une influence politique locale ? À un article dans un journal gratuit ? à son nom dans le Who is who ? Au nombre d’amis sur Facebook ? Il y a un côté artificiel dans ce type de comptabilité, une certaine propension à vendre son âme, une chasse au record inutile, beaucoup de temps perdu. Qui, de nos jours, est le plus à même de résoudre ce dilemme ? L’ordinateur bien sûr. La machine, neutre et impartiale, va nous permettre de répondre à cette question : à quel niveau d’importance nous situons-nous ? Sur le web, tout est répertorié. Les noms Obama, Federer, le pape ou Georges (Clooney) y figurent à des centaines de millions d’exemplaires. Mais Dupont, ma voisine ou la concierge ? Et moi ? Face aux moteurs de recherche comme Google, j’aurais tendance à me sentir peu de chose. Mais, sait-on jamais… J’attends le verdict. Pas longtemps, 0,13 secondes. Et le verdict tombe. Eh oui ! Pas mal, Je peux vous l’avouer sans avoir à rougir : je suis 221'000'000 de fois sur Google. Je pensais moins. Mais la machine ne se trompe pas : Environ 221'000'000 résultats (0,13 secondes), C’est ce qui vient d’en sortir quand, dans le petit rectangle de recherche, face au logo coloré Google, j’ai introduit le mot « Moi ».moi