L’arrivée

P1030095Arrivés à Split vers dix-neuf heures, nous sommes trente-cinq à traîner nos valises dans la cour du « Golly & Bossy », une  sorte d’auberge de jeunesse relookée flushy tendance jeune. La terrasse est accueillante et venteuse. A l’intérieur, des spots et des ampoules suspendues à un long fil blanc éclairent un comptoir triangulaire noir qui se détache sur un mur jaune. Quelques tables et chaises de plastique gris ou noir forment un mobilier fonctionnel autour de la salle commune. Les passeports des gymnasiens de dix-huit ans dont nous avons la charge sont photocopiés par la réceptionniste, on n’est jamais trop prudent, et rejoignent sur son bureau les copies des nôtres.

Cette opération effectuée, les dortoirs de six à huit personnes sont peu à peu attribués. Celui qui nous est destiné est le matricule 1806. Son numéro est repérable à même le sol. Je compose le code d’entrée, pousse la porte et débouche sur un couloir jaune pétant conduisant à la chambre. C’est ce que je croyais, mais diantre ! ce boyau jaune, C’EST la chambre. Les lits sont encastrés de part et d’autre dans des alvéoles. Deux placards sur la gauche contiennent l’un, la douche, l’autre, les toilettes. Un troisième renferme un lavabo. On se croirait dans un de ces guest-houses tokyoïtes où les hôtes dorment dans des espèces de tiroirs muraux. Tout est propre et les matelas sont agréables. Ce local hyperfonctionnel s’avérera plus confortable que la première impression ne le laisse supposer.2011

Pour la sortie « en famille » par classe du premier soir, Antigona, future mannequin-chanteuse-hôtesse de la 3C… s’est mise sur son trente-et-un. Elle n’hésite pas à dispenser en notre honneur un aperçu de ses talents d’interprète. On parle de son monde : boutiques, musique et stars.
—     C’est plus pour des gens comme vous, fais-je remarquer.
—     Oui, plutôt que pour euh… des…
—     Des vieux comme moi !
—     Euh, non, se reprend-elle un peu gênée, pour des… personnes âgées.

En soirée, je parvenais malgré tout, même sans canne, à conduire les élèves au restaurant du coin.

La vieille ville

Après la visite du musée du sculpteur Mestrovic et la balade du dimanche sur le Mont Marjan, le lundi est consacré à la découverte du palais de l’empereur romain Dioclétien. La visite est commentée par une jeune guide passionnée, qui nous renseigne sur tous les détails dont on ne s’est jamais soucié à propos des catacombes, du mausolée ou de l’architecture de P1030088la tour ouest, érigée au troisième siècle de notre ère.

A Split, chaque époque a eu son culte, le culte des Césars, le culte chrétien et, aujourd’hui, le culte du commerce : un plan détaillé de l’ensemble des échoppes bordant les galeries du palais nous est proposé, free copy comportant une carte pédestre avec la liste des magasins, rues et points historiques du palais de Dioclétien. Avec une densité pareille de boutiques, le programme des élèves, en tous cas celui des filles, est déterminé, et non négociable, pour le reste de l’après-midi.P1030135