Monténégro

2011Ce jeudi 13 octobre, le car nous attend à neuf heures pour une excursion d’une journée aux bouches du Kotor. On ne sait pas trop à quoi s’attendre, excepté que nous avons besoin des passeports pour nous rendre au Monténégro, que nous allons passer, en même temps que la frontière, des kunas aux euros et que le site est classé au patrimoine Unesco de l’humanité.

Le passage de la frontière s’avère plus délicat que prévu. Tous les passeports sont recueillis. Il semble qu’il aurait été sage d’aviser déjà la veille les douaniers de notre venue, comme pour une réservation dans un restaurant. Au vu de la file nous précédant, les autres groupes ont également oublié de signaler à l’avance leur arrivée. Le car est immobilisé pendant plus d’une heure. Après ces petites tracasseries du côté croate, sans doute une séquelle de la guerre récente, les douaniers monténégrins sont moins tatillons, et l’on accède enfin à ce petit pays de six cents mille habitants.

Le paysage est sauvage et montagneux. Nous traversons des forêts de cyprès que nous avons rarement l’occasion2011 de voir de si près (j’ai pas pu m’empêcher). On contourne un bras de mer qui évoque plus le lac de Côme ou le lac de Garde que l’océan Adriatique. Les falaises dévalent sur une mer d’huile parsemée de quelques îlots, au centre desquels est parfois érigé une église ou un manoir. Vers treize heures, on parvient à une petite ville tout à fait prometteuse, étonnante et inattendue : Kotor.

Dans le port, un énorme navire, véritable building de dix étages, côtoie un bâtiment militaire respectable, mais paraissant anémique à ses côtés. Les élèves ont faim. L’endroit semble mériter des heures de visite. Le chauffeur nous donne rendez-vous trois quarts d’heures plus tard pour aller manger dans une gargote de plage à Budva. Une discussion s’ensuit : le chauffeur est-il à notre disposition ou sommes-nous à son service ? Le compromis trouvé est de déjeuner sur place, en prolongeant l'escale d’un quart d’heure, qui finalement deviendra une demi-heure.

2011A l’arrière du port, des murailles délimitent un quartier de vieilles maisons, d’églises et de petites places accueillantes, reliées par des venelles. Les remparts, dominés par les dômes dorés de basiliques orthodoxes, renferment des joyaux architecturaux.

Visite éclair que je prends le temps de savourer dans le car, en parcourant les photos de mon appareil numérique : « Tiens, j’ai vu ça ? »

La brièveté de l’arrêt à Kotor nous laisse trois heures pour parcourir Budva, ville relativement quelconque du littoral adriatique. Si comme dans la chanson, le chauffeur a une fille dans chaque port, celle de kotor s’était sans doute fait excuser pour ce jour-là.

Dernières cartouches

On retrouve avec plaisir notre logement à Split. Un dernier repas avec nos élèves est prévu ce soir, avec tirage au2011 sort des places : trois tables de six. Le trajet Dubrovnik-Split se passe à calculer le nombre d’arrangements possibles. Les élèves arrivent à une fourchette comprise entre une dizaine et deux millions de possibilités. Après un débat animé, un affinement du calcul nous conduit au résultat de 19’488.

Petite motivation supplémentaire, mon collègue et moi paieront la bouteille à nos tables réciproques. On choisit de jouer le tout au billard, dans une salle des environs de l’hôtel. Quelques élèves assistent à nos premières escarmouches.
—      Vous jouez une bière ?
—      Oui, et la partie.
—      Le vin ?
—      Oui, et le souper.
—      Tout le souper ?
—      Oui.
Pour le coup les élèves prennent la mesure de la tension ambiante et ne risquent plus une parole. Mon collègue Christian mène à tous les sets... et je termine miraculeusement vainqueur.

2011Le soir, dix-huit cartes : six piques, six cœurs et six carreaux déterminent laquelle des 19’488 possibilités sera adoptée. Pas de chance pour les douze élèves qui paieront leur bouteille, mais Christian et moi, avec chacun un pique en main, nous retrouvons par l’effet du hasard à la même table (pas de jeu).

Le lendemain, dernier jour. Petit déjeuner dans notre café fétiche : jus d’orange, œufs, jambon, café, croissants, baguettes. Au moment de payer, six tickets de caisse sont sur la table. Entraînés par l’élan de la veille, on tire au sort les trois tickets que chacun acquittera. Par un ô combien injuste retour de manivelle ! Christian se retrouve avec des tickets insignifiants, et j’écope des trois plus gros montants.

Vers seize heures, départ pour l’aéroport. Décollage à dix-huit heures trente. Dernière surprise du voyage, l’avion d’easyJet se pose à l’heure prévue à Cointrin.