Les grandes surfaces disposent de toute une panoplie de moyens pour attirer des clients. Le mois passé, le centre commercial

Migros Renens

Migros Renens avait édité des bons pour son restaurant : deux petits déjeuners pour le prix d’un. Une seule publicité et deux personnes se rendaient au magasin. Ce samedi matin, les deux clients, c’était nous. Je déposai sur une assiette, un croissant, un petit pain, une portion de beurre, une confiture, j’ajoutai sur le plateau un jus d’orange et une boisson chaude, le tout au prix imbattable de cinq francs nonante. Olivia, qui n’avait pas faim, se contenta d’un café et d’un jus de fruit. 

La caissière de ce matin n’était pas particulièrement alerte, mais c’était samedi, nous n’étions pas trop pressés, et notre tour arriva finalement. Le regard de la dame faisait des allers retours entre notre plateau et le clavier de sa caisse. Elle énumérait à voix basse les éléments typés. Elle releva finalement la tête :
Alors, un petit déjeuner, un café et un jus de fruit. Ça fait onze francs cinquante.
Nous avons un bon.
Je le lui tendis. Elle l’analysa, le lut, le retourna, le relut, puis me le rendit en s’exclamant :
Mais c’est un bon pour deux petits déjeuners. 
Oui, mais madame ne désirait qu’un café et un jus.
Elle énonça du ton de celle qui ne se ferait pas avoir :
Alors ça vous fait onze francs cinquante : un petit déjeuner, plus un café et un jus.
Mais nous prenons ce qui est prévu sauf que nous ne voulons qu’une portion à manger.
Ce n’est pas un petit déjeuner.
Attendez un instant.

Je suis retourné quelques mètres en arrière, j’ai pris une des assiettes garnies de croissant, petit pain, beurre et confiture, je suis revenu la poser sur notre plateau devant la caisse, puis j’ai tendu le bon à la dame.
Alors maintenant, ça vous fait onze francs huitante, et avec la réduction… cinq francs nonante.

J’ai payé. Il ne nous restait plus qu’à remettre la deuxième assiette où nous l’avions prise, puis à nous trouver deux sièges.