31 mars 

 

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Macao

 

-    Tu es déjà allée à Hong Kong ?

-    Oui, mais pas récemment.

-    Ah, bon. Tu y es allée quand ?

-    Oh, il y a deux mois, en janvier.

-    Ça fait pas longtemps ! Tu étais à Hong Kong en janvier ?

C’était le dernier jour avant les vacances de Pâques. Laura, une collègue, qui avait déjà traversé l’Afrique et l’Asie à vélo, avait encore la tête à l’école.

-    Ah, Hong Kong ! Non. J’avais compris « en camp ».

Deux jours plus tard, infidélité à Las Vegas, Serge et moi nous envolions pour Macao. On allait en profiter pour visiter Hong Kong, la onzième économie du monde si Hong Kong était un pays. Et ce n’est qu’une ville, mille kilomètres carrés, même pas le canton de Fribourg !

Arrivés à dix-sept heures sans problème à l’aéroport international de Hong Kong, il ne nous restait plus que la traversée de la baie en ferry. On apercevait d’ailleurs le sigle du ferry pour Macao sur le chemin de la sortie, juste de l’autre côté du couloir. Le temps de prendre possession de nos sacs, et on entamerait les trois derniers quarts d’heure du voyage, commencé la veille à Genève. Les bagages étaient en provenance de Séoul, d’après les indications. Séoul et Zurich partagent le même tapis-roulant semble-t-il. Qu’à cela ne tienne, ils étaient arrivés. Dans une petite heure on aurait rejoint l’île de Macao.

Oups, petit problème imprévu : le ferry partait depuis le secteur « transit » et nous étions du côté « Hong Kong » ! Impossible de retourner. Comment récupérer des bagages et prendre le ferry ? Apparemment ce n’est pas une question que l’architecte s’était posée en concevant les plans de l’aéroport. En prenant le métro pour Kowloon puis en nous rendant à la gare centrale de Hong Kong, nous pourrions trouver le train numéro HV23489 qui nous mènerait à l’embarcadère des ferries pour Macao. Il n’y aurait alors plus qu’à dénicher le ferry qui nous amènerait à Macao Taipa, Macao Coloane, ou Macao tout court… bref, une chance sur trois d’arriver au bon endroit.

Dans les dédales de la gare centrale, on avisa une Chinoise. Enfin, dix-mille Chinois et Chinoises. On en arrêta une.

-    Excusez-moi, pour Macao ?

Elle nous sourit gentiment.

-    Oh, yes, yes.

-    C’est par là ?

-    Yes, yes.

-    Merci beaucoup.

-    Yes, yes.

On arrêta un homme qui avait l’air d’avoir voyagé. Il répéta avec application le nom de notre destination.

-    Ma-ca-o.

-    Oui.

-    Tisin, Tisin.

-    Direction Tisin ?

-    Tisin, Tisin.

-    Merci beaucoup.

-    Tisin.

Un jeune tenta de nous expliquer comment nous rendre au départ du train, en prenant un ascenseur puis en ressortant par un centre commercial dans une rue adjacente, pour la suivre sur une centaine de mètres jusqu’à une artère principale, puis reconnut que c’était un peu compliqué. On se rabattit sur une station de taxis.

-    Ferries Macao please.

-    Yes, yes.

 

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Sortie du ferry

 

Une dizaine de minutes plus tard, le chauffeur nous déposa à l’embarcadère. On repassa une douane : tampons, formulaires, adresse du séjour. A dix-huit heures cinquante, on fut informé que le ferry partait à dix-neuf heures. Porte cinq. On dévala les escaliers. En bas un panneau avec deux caractères chinois aiguillait les gens.

-    C’est là ?

-    Yes, yes.

La porte ne menait nulle part. On revint sur nos pas. On indiqua une direction à un passant.

-    Pour Macao ?

-    Yes, yes.

 On crut le monsieur, sans doute avec raison, car une heure plus tard, on débarquait sur une île nommée Macao. Un bus nous transporta au Wynn. Attention, premier arrêt pour le casino, deuxième arrêt pour le lobby de l’hôtel qui est la fidèle copie de celui de Las Vegas. Notre chambre était réservée, les douches fonctionnaient et les restaurants étaient ouverts toute la nuit. Il faisait environ cinq degrés dans la chambre, mais en diminuant la climatisation, ça a fini par s’arranger. Après le souper, elle était tout à fait agréable pour une première nuit de sommeil.

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Entrée du Wynn