A l’abri dans le noir, je sens qu’il attend pour frapper.

chut

Mais je l’aurai avant !

J’ai le temps. J’attends. Il suffira d’anticiper le moment de l’attaque. Très rarement je me suis fait surprendre. Du coin de l’œil, je l’observe dans la demi-obscurité. Si ma vigilance se relâche, il va m’avoir. Ses assauts sont terribles, des heures à s’en remettre. Cette fois, il ne m’atteindra pas.

Dans l’ombre, je décèle un mouvement régulier. Toujours le même, de quoi endormir ma vigilance. Il me suffira de réagir un poil avant lui. Je suis entraîné, des dizaines de fois j’en ai été capable !

Pas d’urgence, mais il faudra saisir l’instant décisif. Il est toujours au même endroit, légèrement en retrait, sud, sud-ouest.

Comme quelqu’un qui balancerait d’un pied sur l’autre, il bouge sur place, il tourne en rond. Rester focalisé. Ne pas se laisser berner, attendre le moment et frapper le premier. L’heure tourne, l’échéance approche. Je perçois le moindre de ses mouvements tout près. Le moment d’agir augmente la tension. Encore deux minutes ? Surtout ne pas lui laisser l’initiative.

Un imperceptible changement dans l’intensité du contour des ombres me convainc : maintenant ! Je tends le bras et mon poing s’abat. Un grand crac, je lui ai explosé la gueule. Ce n’est pas ce matin que ce putain de réveil aura ma peau.