Bâle - Larnaka

2017

2017

    En fin de voyage, j’aperçois Garbani dans l’avion. J’ai droit à son clin d’œil qui n’a pas pris une ride. Dans le hall de l’aéroport de Larnaka, une longue fille en mini-jupe, au rouge à lèvres qui déborde, nous aiguille vers le bus pour Kyrenia dans la partie turque.

-    Bii, You, Ahh, Ahh, You, Dzed.

     Je tombe sur Burruz en train d’épeler son nom à la demoiselle avec son accent vaudois. Son fidèle compagnon de route Konrad est à son côté. L’hôtesse place une coche sur sa liste et passe d’un air las au suivant.

     Après une heure à attendre l’avion d’Anglais qui doivent remplir le bus, on entamera une heure de route. Une heure supplémentaire est à prévoir pour passer les check points (le programme écrit automatiquement « Chèques points »),

-    Mon fils m’avait réservé un hôtel, nous dit Garbani qui a surgi à notre côté, en sortant deux feuilles de son sac.

Il nous montre une image de piscine, de plage, un joli hall.

-    Deux cent quatre-vingt dollars pour la semaine ! il m’a dit : « Tu peux pas aller là, pour ce prix, ce sera merdique. » Finalement j’ai pu avoir une chambre au Merit. L’autre est payée, si ça intéresse quelqu’un.

     Les Anglais sont arrivés. On démarre.

2017

 

     Je vais jeter un coup d’œil à la Poker-room de l’hôtel. Je tombe sur Garboni qui trottine vers la salle.

-    On va prendre la température me dit-il avec son clin d’œil qui n’a pas pris une ride.

Cinq joueurs sont installés à une table de cash aux blindes de cinq dix.

-    Tu vas pas jouer ?!

Il est minuit. Je suis épuisé par les douze heures de voyage.

-    On est venu pour jouer, répond-il en changeant pour cinq cent euros de jetons.

      Aucun coup inférieur à quelques centaines de dollars à cette table de folie occupée par des Russes véreux et vérolés. La croupière, rouge à lèvres pétant, yeux de braise, distribue les cartes à toute vitesse. Après dix minute, il a perdu deux-cent cinquante dollars. Je vais me coucher.