Mercredi 1er novembre 

20172017

    Le petit déjeuner est servi jusqu’à midi. Un immense buffet court sur trois des parois de la pièce à l’entrée du restaurant. Trois stands sont consacrés à l’œuf sous toute ses formes : omelettes à la carte, omelette avec saucisse turque, œufs brouillés, à la coque, à l’orientale. Des stands de confitures de figue, d’orange, de fraise, de prune, de cerise, griottes acides ou bigarreaux sucrés, de miel à l’abricot, de miel en rayons, de gingembre frais ou confit, plusieurs mètres de récipients d’olives vertes ou noires. Il y a de TOUT. Dans la salle contiguë, autour des tables, les buffets débordent. Où que je tourne la tête, j’aperçois des fromages, du pain, des fruits, de la viande en sauce. En une semaine, à défaut d’avoir tout testé, je pourrai peut-être avoir jeté un œil sur les différents plats.

    Je m’éloigne un instant de ma place pour chercher une cuillère. Je reviens, tout a été débarrassé, même le croissant pas entamé et la tasse pleine. Les gens s’en vont en laissant dans les assiettes des wagons de nourriture à peine entamée. Ils prennent dix fois ce qu’ils vont manger, pourtant on peut se resservir en permanence et à volonté.
2017

    Avec ses bars et ses buffets, ce cinq étoiles est un navire de luxe à quai. Tout est peaufiné, rien n’est vieux sauf des clients. Des hommes avec leur fille ou leur pute, difficile à déterminer. C’est un séjour « all Inclusive ».

    Les Turcs fument comme des Turcs, ils ont et les yeux perçants et les cheveux ras. Les jeunes arborent une moustache noire, les vieux, le même modèle en gris ou blanc. Les seuls qui sont maigres sont les chats qui quémandent leur obole sur la terrasse entre les tables du petit déjeuner.

    Soleil, chaleur, piscine, luxe, abondance. Un personnel discret sourit aux clients qui l’ignorent. Il obéit aussi méticuleusement qu’un appareil ménager qu’on enclenche en pressant un bouton. 

2017