2017 Chypre IP (4)2017 Chypre Sony (5)

      Au volant de la navette qui nous mène de Kyrenia à Larnaka, le chauffeur tente de battre le record du parcours. Il dépasse à droite, à gauche, roule à cent-dix quand c’est limité à cinquante, pousse des pointes à plus de cent-cinquante kilomètres heure. Brusquement, il freine. J’ai le temps d’apercevoir une voiture de police sur le bas-côté. Il me fait un clin d’œil, se marre et écrase le champignon. Il répond à des SMS en même temps qu’il s’efforce de dévisser la capsule d’une bouteille d’eau minérale coincée entre ses genoux.

2017 Chypre Sony (6)

-    Voulez-vous que je vous l’ouvre ?
Pas nécessaire, il se débrouille. Il fouille sa boîte à gants en proposant de m’en offrir une.
-    Non merci, j’en ai une dans mon sac, dis-je sans quitter des yeux la route qui défile à toute allure.
     On est retenu quinze minutes pour les formalités à la frontière gréco-turque. Malgré cela on boucle en soixante minutes le trajet d’une heure trente. La moyenne horaire Larnaka-Bâle ne différera pas significativement de celle depuis Kyrénia.

     À l’aéroport, des mitrailleuses, des policiers, des militaires, des gilets pare-balles, des boutiques et des restaurants. Si le monde reste divisé politiquement, il est devenu un village commercial. Dior, Chanel, Lancôme, Tissot et Armani étalent leurs collections comme à Milan, Paris, New York ou Singapour. Les publicités font partout miroiter des économies : vingt pourcent sur une fin de série, cinquante pourcent sur une gamme de parfums. On désire une chemise, on nous en propose trois pour le prix de deux. Dissimulés derrière le dédale des boutiques, je découvre les portiques de contrôle.

     À Bâle-Mulhouse, la température est de trois degrés. En débarquant de l’avion sous un crachin persistant, on foule un tarmac détrempé. En trois heures, je viens de passer d’août à novembre.