2018

Un attroupement entoure un personnage perché sur un âne. Bouche ouverte, il scrute le ciel d’un air halluciné. Il s’agit du sage Nasreddin Hodja, héros d’histoires à travers tout le Moyen Orient. Il a paraît-il été une fois accueilli dans un hammam par des employés indifférents qui lui prodiguèrent un massage à la va-vite. En partant, il laissa toutefois un royal pourboire. Le lendemain, il revint et bénéficia, grâce à un personnel aux petits soins, à un traitement de premier ordre. En s’en allant, il ne laissa que quelques piécettes. Devant la mine déconfite des employés, il expliqua : « Le pourboire de hier, c’était pour aujourd’hui, et celui d’aujourd’hui, c’est pour le service de hier. » 

Gilbert et moi avons pris rendez-vous ce soir au hammam. Béatrice nous a dit qu’ici, le long de la route de la Soie, nous aurions une peau comme de la soie. Heureusement qu’on ne suit pas la route des Épices.

La salle de préparation n’est pas très chaude, on apprendra qu’il y a eu une panne de gaz. Ça arrive, on ne va pas fermer un hammam parce qu’on ne peut pas le chauffer. D’ailleurs les pierres sur lesquelles un masseur nous frictionne vigoureusement avec un mélange de miel et gingembre sont encore tièdes. Après le dernier rinçage glacé et le thé aux épices, on est requinqués pour un petit repas au bord du bassin de la place centrale de Boukhara.

La panne de courant avait également privé l’hôtel de l’indispensable : wifi, eau courante et climatisation ou chauffage. Rien d’inhabituel mais ça n’avait pas duré pas longtemps. 

Devant l’hôtel, un gamin sur son tricycle se fait pousser par sa sœur. Ils rigolent et font des grimaces devant mon objectif. Un thé dans l’accueillante Tea housederrière l’hôtel et il est temps, après trois jours, de rejoindre la gare pour la dernière étape cet après-midi vers Samarcande.

2018

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