2018

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Je n’ai croisé presqu’aucune femme voilée dans ce pays à nonante-quatre pourcent musulman. Bien moins que chez nous. Un soir, devant la place du Registan, une jeune fille voilée, rouge à lèvre grenat et lunettes de soleil dernier cri sous son hijab, veste en jean’s jetée sur ses épaules, incarnait ce carrefour des mondes, tradition et modernisme, Occident et Orient, que l’on rencontre à chaque coin de rue en Ouzbékistan. 

Depuis sa capitale Samarcande, Tamerlan, connu sous le nom de Timur Leng, a conquis au XIVe siècle la moitié du monde. Figure de référence pour les Ouzbek, on le croise en de multiples endroits, juché sur son cheval de bronze ou de pierre. Son petit-fils, Ulugh Beg, ne se débrouillait pas trop mal en astronomie. Avec les économies héritées du grand-père, il a fait construire l’astrolab, un observatoire astronomique dernier cri. Avec septante potes astronomes et mathématiciens, il a relevé l’instant exact du passage de différentes étoiles. Au XXème siècle, avec les satellites et les télescopes électroniques, on a déterminé que la durée d’une année terrestre  est de 365 jours, 6 heures, 9 minutes et 6 secondes. Ulugh Beg a fait percer des ouvertures dans le plafond de l’astrolab à travers lesquelles les rayons stellaires frappaient des tiges graduées sur le sol. Par des interpolations mathématiques, il a mesuré au XVème siècle la durée d’une année avec une précision de 1 minute et deux secondes !

On a visité l’observatoire devenu musée, on s’est incliné devant un monument à la gloire de son génie. À la sortie, deux étudiantes, l’une brune l’autre blonde m’ont abordé pour prendre un selfies en ma compagnie. Magnanime, j’ai accepté. D’autres ont suivi.

Moi qui passe anonymement à Saint-François, je ne m’attendais pas à être en Ouzbékistan l’objet de tant d’attentions, nul n’est prophète en son pays. 

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