2018

2018

 

 

 

 

 

 

 

 

-   Il paraît que le disc-jockey du Caesar Palace gagne quarante-huit millions de dollars par année !
     Mon voisin à la table de poker, repu et rougeaud, semble attendre une réponse. 
-   C’est quand même un grand pays, l’Amérique ! renchérit-il.
     L’arrivée d’une serveuse qui elle, gagne quelques dollars de pourboire par trajet, interrompt nos réflexions sur l’étalon de mesure de la grandeur d’un pays.
Le croupier lorgne son décolleté et lui lance :
-   T’as l’air changée aujourd’hui.
-   Oui, j’ai pris une douche.
-   Ah bon, répond-il, moi c’est la semaine prochaine.
     
     Un des joueurs se prend pour un pro, se rengorge en ramassant des jetons, commente les coups et hoche la tête avec condescendance.2018
     Un des plus assidus est un professeur du Texas. Je lui demande si ses élèves savent qu’il joue au poker.
-   Oh, ils s’en fichent, me dit-il, je joue même avec le prêtre de la paroisse.

     Même avec un sweater, on gèle sous la clim. Je sors me réchauffer. Par quarante degrés, il me faut bien dix minutes en plein soleil pour retrouver une température corporelle normale. Quand je reviens, je me retrouve dans une main avec le pseudo-pro.
-   Vous avez combien devant vous ? me demande-t-il d’un air de défi.
Je lui montre mes jetons.
-   Vous avez des noirs ?
Les « noirs » sont les jetons de cent dollars. Il avait dû remarquer que je n’en ai pas. Je finis par gagner le pot. Je ramasse les jetons et lui en montre deux noirs en disant : « Maintenant oui ! »

Viva Las Vegas.

2018