2018

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      Dans la cour centrale du Premium Outlet, le Food court propose, dans une cantine, du fast-food bas de gamme. J’avais repéré un Shake Shack à l’entrée de l’Outlet. Une vendeuse m’indique le chemin. Je passe devant Calvin Klein, tourne à droite, laisse Desigual et Fossil derrière moi, termine mon tour et, comme les tours sont circulaires, me retrouve quinze minutes plus tard devant le Food court. Je me doutais bien que je n’allais pas trouver, je me perdrais sur une route rectiligne, mais j’ai tenu à vérifier par moi-même. Suant et transpirant, je franchis la porte du Food court et me résous à me nourrir de ce que je trouverai de moins graisseux. Je me rabats sur une barquette plastique, cubes de carottes, grains de maïs calibrés, feuilles de salade coupées en carrés, accompagnée d’un assaisonnement en sachet, dont la date limite de consommation mentionne cinq jours, mais vu son absence de goût, va probablement bien au-delà.

2018      2018

      Quand je ressors, laissant à leurs tables familles asiatiques et couples mexicains aux doigts graisseux, il doit faire entre quarante et cinquante degrés. Un coup de froid, comme une sauna à l’envers, me balaie quand je pousse la porte de Tommy Hilfiger. Partout des bonnes affaires, je pourrais croire que c’est mon jour de chance si les soldes n’étaient pas la norme ici. En encaissant mes achats, la caissière s’enquiert de mon e-mail. Comme je ne tiens pas à le donner, elle invente n’importe lequel puisque le règlement en demande un.
-   Comment connaissiez-vous mon e-mail ? lui demandé-je.
Elle me regarde avec indulgence :
-   Oh, mais je ne le connaissais pas.
Avec les offres spéciales, les démarques, les assurances d’économie à chaque achat, c’est sûr qu’avec mes sacs pleins, je suis reparti plus riche qu’en entrant.

     De retour à l’hôtel, je repère dans une vitrine une casquette bleue en toile à 560 dollars. Je décide d’aller m’acheter une glace.

     Viva Las Vegas.