2018

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On s’est résolu à troquer deux heures de poker contre un spectacle. La décision fut difficile, mais les shows de Vegas jouissent d’une telle réputation. C’est sur « Las Vegas, the Show », le « meilleur spectacle en ville », que l’on s’est rabattu. Il est dix-huit heures, il ne reste qu’un ou deux clients à un comptoir qui propose des billets pour le jour-même à moitié prix. La personne à qui l’on s’adresse nous dit d’attendre qu’un employé soit libre pour s’occuper de nous. On attend. Quelques minutes plus tard, l’employé libre pour s’occuper de nousnous informe que trois quarts d’heure avant le début du spectacle, les places ne peuvent plus être vendues à demi-prix. Oui, une heure avant, ce serait allé. À un stand voisin, une demoiselle s’adresse à son collègue qui nous demande de patienter, non pas deux centimètres devant la ligne, mais derrière, sans poser le pied dessus, comme dans les douanes des aéroports. Un troisième employé téléphone à un quatrième pour s’enquérir des places disponibles. Après une dizaine de minutes, un cinquième employé nous demande nos cartes d’identité pour rédiger un papier que nous pourrons échanger contre deux entrées au guichet du théâtre, au fond du hall des boutiques du Planet Hollywood

2018Il est 18 h 55, le spectacle commence à 19 heures, la queue est énorme. Une organisatrice nous aiguille vers un guichet à l’intérieur, où sa collègue nous informe que le spectacle a lieu plus loin, à deux minutes. En dix minutes on y arrive. Le Box Officey gère les réservations. Notre spectacle a commencé, on a accès à une file prioritaire. Notre identité, la feuille imprimée et notre code d’accès sont passés au peigne fin. Rien de suspect n’est décelé, le graal est proche car on se voit remettre deux tickets nous ouvrant le chemin du deuxième étage où le spectacle est déjà bien engagé. 

Sur fond de décor en carton-pâte, style revue musicale des années septante, une femme, fesses et seins débordant d’une robe jaune à paillettes, s’époumone en play-back. Un jazz band de Noirs enchaîne, puis cède la place à des danseuses, style cabaret de village. Points positifs, on a échappé à la première demi-heure et, pour une fois, on ne gèle pas dans une salle, ils n’ont pas économisé que sur les décors. Le jongleur fut aussi bon qu’un artiste de rue, puis je replongeai dans une léthargie bienfaisante. Le show s’est terminé juste avant que l’on trouve l’énergie de se lever pour partir. Tous les jours, des centaines de spectacles grandioses, musique, cirque ou magie, se déroulent sur des scènes, voire dans des théâtres, construits tout exprès, mais le suivant sera pour une autre année.

Viva Las Vegas.