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     Un jardin, des bancs, des palmiers, une piscine, le paradis ne serait-ce la musique à tue-tête qui nous poursuit jusque dans la chambre. Impossible d’échapper au martellement de la disco de la piscine, même au neuvième étage. Je me suis résolu à demander un changement de chambre. 
     Téléphone au desk qui me demande de passer. La queue est énorme, même au guichet express. Je force l’entrée du VIP Platinium, puis du Five Stars : chaque catégorie de clients a un guichet attitré selon sa fortune. Après palabres, demande de carte VIP, de titre de noblesse, tout au moins d’un lien avec une éminence, mais convaincue par la crainte du scandale qu’elle pressentait dans l’agitation émanant du client insatisfait que j’étais, une employée habituée aux VIP me propose une chambre au 24eétage de l’autre côté du Strip, loin de la disco. Je vais vérifier, c’est pire. Je tente de retourner dans ma chambre primitive, la clé ne fonctionne plus. Je rejoins le bureau VIP. Il y a de l’attente. Eh oui, même là une queue s’est formée, l’accession au statut VIP est sans doute trop aisé, peut-être songent-ils à créer une catégorie « super VIP-plus ». J’attends. La dame derrière le guichet qui s’est libéré regrette, elle a terminé son travail. Elle nous plante là. Un autre guichet se libère.
-   Vous voulez garder votre première chambre ?
-   Oui s’il vous plaît. 
     L’employé a l’air d’accord, mais le système informatique VIP, refuse. Le type va demander à un plus grand chef. Il finit par revenir, et avec une toute nouvelle clé électronique, je me retrouve finalement dans la chambre que j’avais quittée cinquante minutes plus tôt.

     Chaque citoyen aux États-Unis est un rouage d’un système bien huilé tant qu’on ne s’en écarte pas. Dans les restaurant, les serveurs peuvent faire des cafés one shot, ou two shot, mais impossible d’avoir un espresso long dans une grande tasse. Presque impossible d’obtenir une boisson sans glaçons. On signe des tas de papiers pour les prémunir contre toutes velléités juridiques. Le long de routes, des panneaux publicitaires, photos géante d’un homme en costard-cravate au sourire avide, vantent « Untel, le meilleur avocat en cas de blessure », ou « Telautre, le meilleur en cas de problème avec les assurances » comme des pack de lessive qui lavent plus blanc chez nous.

     Hier soir éviter de faire la queue dans une boutique de glaces, je suis allé une centaine de mètres plus loin. J’ai choisi une boule chocolat noir belge.
-   Voilà, ça fait sept dollars cinquante-deux.
Je comprends que la deuxième boutique était vide.