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Dans tous les coins, on croise le même lutin sautillant et souriant : Thibaud. Je tombe sur lui dans les hauts, au restaurant Tip Top, en descendant vers la mer à la Pulcinella, juste à l’extérieur des salles de jeu, au « bureau » là où toutes les transactions ont lieu dans une fumée âcre et douce. Je l’aperçois quasi simultanément dans la salle de backgammon, dans le couloir, devant le casino, de nouveau à l’extérieur, je soupçonne un clonage. Il a (ou ils ont) réussi à remporter le championnat du monde par équipes en perdant tous ses matches (justice : sauf le dernier). Il s’est débrouillé pour gagner en misant sur les bons chevaux, dont moi, merci Thibaud. Il a perdu un match « gagné » contre Stéphane Chenevière et un autre contre Lucien-François, le père de Célestine, une grande lignée du XVIIe. Lucien-François a ajouté deux lignes aux réalisations de la dynastie : il a été finaliste de l’Open et a remporté le Last Chance.

IMG_7628Certains joueurs sont très bons, d’autres pensent l’être. Dans un séminaire, un de ces champions auto-proclamés donnait sans arrêt son avis jusqu’à ce que Phil Simborg, un de meilleurs du monde dise : je suis sûr qu’il sera un excellent professeur de backgammon dès qu’il aura appris le jeu. 

Dans le Tiers Monde, donc en France, j’ai rarement vu un bus à l’heure. Le jour du retour, au départ de Monte-Carlo pour l’aéroport, celui de 14h15 se présente à 14h40. Que vingt minutes de retard, il s’agit sans doute de celui qui devait passer à 13h45. La climatisation ne fonctionne pas, mais le trajet n’est que de cinquante minutes. La conductrice poinçonne mon billet aller avec le sourire, ça compense la mauvaise volonté de son collaborateur qui a refusé il y a sept jours de m’en fournir un aller-retour.IMG_7707

À l’aéroport de Nice, l’embarquement pour Genève a commencé. Je suis dans les derniers à entrer dans l’avion. Au fond de la carlingue, un lutin s’agite sous sa casquette. Thibaud attend, tout sourire sur le siège à côté du mien.