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À l’aéroport de Larnaca, la navette prévue pour notre transfert dans la partie nord de Chypre, attend une heure un type absent. Il est 22 heures quand elle nous dépose au Merit Park hotel.

Le lendemain, je passe le premier tour du tournoi de backgammon contre un Arménien de Géorgie, avant de perdre contre un Russe. Dans le double, dès le vendredi, je joue avec Almir. Encore en lice dans l’autre tournoi, il me fait confiance, il n’est presque jamais là. Tour après tour, je jouis d’entendre les deux joueurs en face de moi s’embrouiller mutuellement à force de chercher le mauvais coup qu’un des deux finit par trouver, parfois avec du mal. Il s’évertue alors de convaincre l’autre et généralement ses arguments l’emportent. Je me sens un peu seul, mais dès qu’Almir se ramène, j’ai l’impression qu’une foule en délire a envahi la table. Entre deux vodkas et trois pétards, il me tape sur l’épaule, rigole, va pisser deux minutes et revient après trois quarts d’heure. Nous (je) progressons dans un tableau de 134 équipes jusqu’en huitième de finale où nous éliminons deux Russes. Demain à treize heures, quart de finale contre deux Israéliens. Il y a beaucoup à gagner, mais à partir des demi-finales. 

Samedi treize heures. Je reçois un sms d’Almir : « À quelle heure on joue ? ». Je commence le match en lui répondant « maintenant ». Il arrive trente minutes plus tard, les yeux ensommeillés. L’un des joueurs en face de moi, deux mèches en travers d’un front presque chauve, transpire dans son T-shirt noir. L’autre, avec son air bonhomme, son embonpoint et son bouc blanc ressemble au père Noël. Le chauve transpirant tape sur les mains de son partenaire et s’empresse de ramasser les dés avant que le barbu ait eu une chance de lui faire jouer le bon coup. Les deux s’engueulent en hébreux. Je ne comprends pas les mots mais saisis le sens général. Je vérifie l’adage : « Deux Juifs à table, ça fait trois opinions. » Ils font les mauvais choix au bon moment et précipitent notre élimination. Heureusement, on avait pris la précaution d’assurer avec eux un gros minimum pour les perdants.

À table au buffet de l’hôtel, dès qu’on tourne la tête, un serveur subtilise notre assiette ou nos verres à peine entamés. Une fois j’ai utilisé quatre verres et quatre bouteilles pour boire trois décis d’eau minérale. Réussir à terminer son assiette demande une vigilance de tous les instants. D’ailleurs, je m’aperçois que mon thé et mon gâteau ont disparu de la table où je suis en train d’écrire en cette fin d’après-midi. 

Plus précis qu’en Suisse, à 21 heures trente tapantes, les plats sont débarrassés du buffet du dîner, soustraits sous les yeux du client en train de se servir.

La semaine est spéciale pour novembre : 25 degrés, dix degrés au-dessus de la moyenne. L’eau de la mer a 24 degrés, pas un nuage, ils sont tous restés à Lausanne. Le soleil est aussi lumineux et le ciel aussi bleu que dans un dessin d’enfant.  

Michel Serrero a une vision binaire : « Les Turcs sont très accueillants ou alors ils t’égorgent. » À Girne, dans les ruelles bordées de boutiques, tout se passe bien pour les touristes qui déambulent. Les énormes murailles d’un château fort du 16edélimitent le centre-ville. Dès midi, les gargotes bordant le port se disputent les quelques touristes de novembre.

Lundi, visite de Nicosie. Zone turque, marché, bazar, joueurs locaux de backgammon, frontière, partie grecque, ruelles, joueurs locaux de backgammon, terrasses, mousaka, boutiques. On retourne sur nos pas, ville turque à nouveau, mosquée, derviches tourneurs, bistrot branché d’étudiants, taksipas pressé de se bouger, retour à l’hôtel.

Dernière demi-journée de plage-soleil-piscine le mardi avant de retrouver l’hiver en Suisse. Au café de l’aéroport de Larnaca, on sent à son air renfrogné que la serveuse ne s’attend pas à nous revoir dans son café.