09 octobre 2009
Rencontre
Elle m’avait quittée samedi dernier, après quatre
ans de parcours commun. Il y avait eu des hauts et des bas, parfois je
me laissais aller à la critique, mais on a beau dire, quatre années, ça
ne s’efface pas d’un coup. Les premiers jours seuls, j’ai éprouvé un
sentiment de libération puis, j’ai ressenti un vide, elle me manquait.
J’ai fini par m’habituer et la vie a continué sans elle.
S’il
devait y avoir une suivante, assurément je ne me lancerais pas
aveuglément. Après une désillusion, on est un peu refroidi avant une
nouvelle aventure. Mais les évènements ne se passent pas forcément
comme prévus. Un seul regard posé sur elle a ébranlé mes résolutions.
Les intentions, fermes dans sa tête, ne résistent pas toujours à la vie
telle qu’elle se présente. Une certaine classe sans ostentation, des
goûts communs, peut-être pourrions-nous nous entendre. Assez vite je me
suis senti attiré. Je n’osais pas vraiment me lancer. En me promenant
je voyais son image, fière, colorée, active, et moi je restais un peu
heurté par mon expérience précédente, timide mais plein d’espoir.
Plusieurs fois je l’ai revue. L’autre était loin, à des kilomètres. En
sa compagnie, une étape nouvelle s’ouvrait devant moi, l’espoir que
notre relation tiendrait la distance, mieux en tout cas que celle qui
s’était abruptement terminée. Il y a quelques jours, nous avons décidé
de tenter de parcourir ensemble un bout de chemin.
Dès que j’ai
commencé à la fréquenter, j’ai compris que nous étions faits l’un pour
l’autre. Elle sentait bon, tout paraissait simple, sans artifices, avec
elle. Le contact ne posait pas de problème, sans avoir besoin de
précisions compliquées, elle saisissait mes intentions et je comprenais
son fonctionnement. Avec elle je me sentais en confiance.
Il ne me
reste qu’à espérer que tout pourra continuer ainsi et que nous pourrons
parcourir un bon bout de chemin ensemble, ma nouvelle Mazda et moi.

30 mars 2009
Genève sans ticket
Renens, 12 heures 23. Pour une fois je suis à l’heure, il me reste même 1 minute trente pour prendre mon billet pour Genève. Ça ira à condition que l’idiot devant moi finisse par comprendre le fonctionnement de la machine. Ça fait la troisième fois qu’il enfile et retire sa carte. Il nous regarde d’un air niais. C’est bon tire-toi. Je sens le train qui va arriver. Il y en a encore un autre qui n’a pas l’air plus dégourdi. Le premier obtient son ticket. Il nous regarde comme s’il venait de décrocher le gros lot. Etonnement, l’autre repart avec le premier. C’est mon tour. Je suis les instructions de l’écran tactile : Renens-Genève, un billet, adulte, deuxième classe, cling, la machine me réclame cinquante-sept francs ! Non mais ça va pas. C’est dix-neuf francs je le sais. Elle veut me filer un billet demi-tarif plus un billet adulte. Je recommence. Merde il y a quelqu’un qui attend, je dois avoir l’air niais. Un billet, demi tarif, et voilà : dix-neuf francs. J’enfile ma carte et pof, j’obtiens le même résultat que l’autre ahuri de tout à l’heure. Le type derrière moi se dandine d’un pied sur l’autre. J’ai l’impression que je l’énerve. Je ressaie. Pas moyen. « Désirez-vous poursuivre la commande ? » Evidemment, quelle conne cette machine. Je retire la carte, la remet, la brise presque, impossible. Et l’autre derrière qui me regarde comme si j’étais le dernier des abrutis. Je lui souris bêtement :
- Ça ne marche pas.
Juste un regard facile à traduire par « quel niais celui-là ! » et il se lance à son tour sur le distributeur au moment où mon train arrive.
Bien décidé à vendre chèrement ma peau en cas de contrôle, je m’installe sans billet pour les trente-cinq minutes de trajet. Morges, puis Aubonne, he he, le dimanche il n’y a pas l’air d’y avoir une masse de contrôleurs. C’est un peu avant Gland que j’entends derrière moi des pas inquiétants. Ils se rapprochent. Une voix mâle réclame des tickets de transport. Je suis fait. Le train s’arrête à Gland. Soudain je n’entends plus rien. Par la fenêtre j’aperçois le contrôleur. Il vient de sortir, le con. Hi hi, s’il se doutait... Je suis presque frustré de ne pas avoir pu m’expliquer. Tant pis pour eux et tant mieux pour moi. Le train repart, mon poursuivant a disparu. Nyon, Versoix, je suis presque arrivé quand, débouchant d’en face le rabatteur se dirige dans ma direction. Il est dans l’autre partie du wagon mais la catastrophe s’annonce imminente. Lui raconter que je suis entré à Nyon ? Nyon plus le supplément égale Renens-Genève ? Expliquer la vérité ? Refuser coûte que coûte le supplément injuste ? Suis-je dans mon droit ? Il se rapproche à chaque tour de roue. Je referme mon livre. Je fais semblant de rien. Juste avant de m’atteindre il m’offre un petit répit : il palabre, il sort des formulaires, calcule le prix du billet d’un resquilleur. Je perçois un panneau à l’extérieur : « Genève », non, ce n’est que la gare de Sécheron. Ce serait trop bête, on est presque arrivé. Lentement, je me lève, je prends mon sac et, l’air de rien, surtout l’air de rien, je me dirige dans la direction opposée vers l'extrémité arrière du wagon. Dieu que ce train met longtemps à s’immobiliser. Le quai à Genève-Cornavin est interminable. Je ne regarde que la porte, l’air innocent, pas vers l’arrière comme quelqu’un qui ne se sentirait pas net. Le gars devant moi actionne la manette, les portes s’ouvrent et, tel Harrison Ford dans « Le Fugitif », je m’élance sur un quai qui me paraît particulièrement accueillant.
02 mars 2009
Etes-vous satisfait des résultats de votre recherche ?
La sanction informatique vient de tomber : « Votre recherche ne correspond à aucun document ».
Le titre mentionné n’était peut-être pas exact ou alors ce site ne contient pas de données sur le sujet. Je pourrais m’en contenter s’il n’y avait ce petit ajout pervers : « Etes-vous satisfait des résultats de votre recherche ? »
« Oui, bien sûr que je suis satisfait, j’espérais justement qu’aucun document ne correspondent à ma demande. » Pourquoi chercher si l’on trouve ? La vie se doit de rester une quête perpétuelle.
Un ordre tombe : « Vérifier l’orthographe »
- Bien entendu si j’avais tapé « Drois de l’homme » au lieu de « Droits de l’homme », l’ordinateur serait totalement perdu. Je comprends.
- Désirez-vous plutôt ...
- Non, merci.
La machine se fend de quelques suggestions :
- En tapant « Déclaration universelle des droit de l'homme », est-ce que je n’espérais pas aboutir peut-être à « droit et conseils juridiques » ou à « formation à distance » ?
- Non.
Mes yeux parcourent l’écran. La case à cocher « non je ne suis pas satisfait, je perds mon temps, allez au diable » n’a pas été prévue.
- Essayez d’autres mots clés.
- Je vais me débrouiller, ce n’est pas fondamental.
- Vous êtes sûr ? Désirez-vous un cognac ?
- Merci ça ira.
- Un petit café ? Vous n’avez besoin de rien ?
- Non, je vous assure.
- Essayez des mots clés plus généraux.
- Non non, je vous en prie.
- Eh bien, dans ce cas, contactez-nous.
Une fenêtre s’ouvre : « Votre adresse, courriel, écrivez votre message », suivi de « Envoyer ».
Tel un malotru pris en faute, je referme précautionneusement la fenêtre et, un peu lâchement, je m’en vais, laissant l’ordinateur à son questionnement : « Votre recherche ne correspond à aucun document, êtes-vous satisfait des résultats de votre recherche ? »
08 février 2009
Heureux ?
Lundi matin en arrivant au travail, je vis depuis ma voiture de l’autre côté de la route un type qui traînait le monde et des rouleaux de papier sur ses épaules. Même de loin on l’entendait penser encore une semaine à tirer et le lundi est à peine entamé. Il effectuait des va-et-vient d’une fourgonnette blanche jusqu’au trottoir où il déposait son paquetage. Enfin, muni de seaux et d’une brosse, sa casquette vissée sur la tête, les épaules basses, il revint vers un gros panneau d’affichage qu’il badigeonna d’une colle blanche avant d’y appliquer machinalement les bandes de papier déposées à ses pieds. Il ne regardait ni à gauche ni à droite, il apposait des affiches pour, à la fin du mois, toucher de quoi subsister jusqu’à la paye suivante et si possible jusqu’à une retraite qui ne devait plus être trop éloignée.
Le feu rouge d’où je l’avais remarqué est devenu vert. En passant devant lui, j’ai consulté ce qui figurait sur l’affiche. Un type blond hilare, des lunettes sur le nez, souriait béatement en révélant au monde entier cette confidence : « McOptic vous rend heureux ! »

29 janvier 2009
Le formulaire ad hoc
Suite aux problèmes de connection dont j’avais parlés ici, Swisscom m’a envoyé par express un modem neuf.
Le lendemain déjà, un avis était déposé dans la boîte à lettres « Vous pouvez dès demain venir chercher à la poste centrale de Lausanne un paquet envoyé par Swisscom ». Il fallait, muni d’une pièce d’identité, s’y rendre pendant les heures d’ouverture. Aller à Lausanne n’est pas très pratique. D’habitude on est desservi par la poste de Crissier à qui j’ai essayé d’expliquer le problème par téléphone.
- Quel est votre numéro de référence ?
- 755896.
- Un instant, je regarde,
Environ trois minutes s’écoulent.
- Non je ne vois pas.
- Pourtant j’ai reçu un avis.
- Attendez... Francine, tu trouves rien ?
Un brouhaha lointain.
- Ah, voilà la fiche, elle était mal classée.
- Serait-il possible de nous livrer le paquet Swisscom ?
- C’est que ça ne dépend pas de nous, tout se fait depuis la centrale de Daillens.
- Ne pourrait-il pas être déposé à la poste de Crissier où j’habite ?
- Mais c’est parce que c’est un express.
- Et alors ?
- Il faut une signature.
- Et la signature doit être faite à Lausanne et non pas à Crissier ?
- Les heures d’ouverture ne sont pas les mêmes. Si vous voulez que les colis soient déposés chez vous il faudrait remplir un formulaire.
- Je ne peux pas faire cette demande par téléphone ?
- On a besoin d’un papier écrit. Il faut venir chercher le formulaire ad hoc.
Dans les jours qui ont suivis, je me suis procuré ce formulaire, je l’ai complété puis signé mais rien n’a changé : les express sont toujours à chercher à Lausanne et les colis « normaux » sont disponibles un peu plus rapidement à Crissier. Mais ils ne sont toujours pas laissés devant la porte.
J’ai composé le numéro figurant sur « l’avis de passage du facteur ». Il n’était plus valable. J’ai téléphoné à la centrale : le « 1 » pour le français puis le « 2 » pour une livraison puis à nouveau le « 2 » pour les colis puis le « 3 » pour ma région puis j’ai attendu puis... on m’a répondu.
- Vous avez rempli le formulaire ?
- Oui.
- Vous l’avez renvoyé ?
- Oui.
- Quand ?
- Il y a environ deux mois ?
- Où ça ?
- A Crissier.
- Ah mais ça dépend de Daillens. Ils l’ont transmis ?
- Je l’espère mais le formulaire est fourni par Crissier.
- Oui oui je vois, me dit la demoiselle avec une voix signifiant je ne comprends pas et qu’est-ce que vous voulez que j’y fasse.
- Mais vous n’avez pas trace de ce formulaire ?
- Non, mais je peux faire une réclamation.
- Volontiers.
Ce qui fut fait. Quelques jours plus tard j’ai reçu un téléphone.
- Bonjour, je suis le nouveau responsable de la distribution.
S’ensuivit une description de ses attributions, des explications sur le fait qu’il ne connaissait pas tout, que ce serait bien que les colis soient déposés devant la porte des clients qui le désirent mais que les facteurs changent tout le temps, que c’était plus simple avant et que c’est Daillens qui s’occupe des colis.
- Vous pouvez faire le nécessaire pour que je n’aie pas besoin de venir chaque fois à la poste chercher les colis ?
- Oui oui, je m’en occupe.
- S’il faut quelque chose d’écrit, vous pourriez m’envoyer un papier si vous avez besoin d’une signature.
- J’ai votre formulaire ici !
- Ah, bon. Parfait, vous avez le formulaire que j’ai envoyé.
- Non, non ! j’en ai des vierges. Pour que tout soit en ordre, ce serait bien que vous remplissiez le formulaire ad hoc.
J’ai bon espoir dans quelques jours de pouvoir remplir le formulaire ad hoc.
19 janvier 2009
Pièce défectueuse
Georges
Une toute petite pièce de notre machine Nespresso vient de casser. Il s’agit du morceau de plastique noir servant à éjecter la capsule pour la faire tomber à l’arrière dans le conteneur.
La machine par ailleurs fonctionne parfaitement bien. Que faire ? Il y a sans doute un service d’urgence, une hot line, un dépanneur des membres du Club dont je m’enorgueillis de faire partie.
Et JE réagis. J’envoie un message de détresse par e-mail.
Tenez-vous bien : j’ai reçu une réponse. Et accrochez-vous, mon interlocuteur a même lu la requête : il me suggère d’appeler le numéro gratuit chargé de renseigner les gens-dont-la–pièce-servant-à-éjecter-les-capsules-s’est-cassée.
Je m’attends à devoir changer tout le socle. La pièce ne se fait plus, depuis deux ans au moins. La réparation ? Vous plaisantez ! Ça nous reviendrait beaucoup trop cher. Profitez donc de l’occasion qui se présente pour vous offrir un appareil neuf. C’est bon pour nos actionnaires que nos clients changent souvent de machines. D’un point de vue écologique ? Nous y avons pensé : on récupère une vis de chaque machine jetée. De plus les plus récentes consomment un micro-joule de moins par semaine. Tous les mois ça vous fait presque une capsule gratuite. D’ailleurs à l’achat d’une nouvelle machine nous vous offrons un bon pour une réduction de 30 centimes sur le prochain café à 5 francs 50 que vous viendrez prendre dans notre Club, que dis-je, dans VOTRE Club Nespresso. Alors décidez-vous. De toute façon l’ancienne est périmée.
Vous l’avez compris : il s’agit de la pièce numéro 3074-B, celle qui a un plateau de un centimètre de large sur le devant, pas l’autre, l’étroite. Eh bien, ça ne s’est pas passé comme je le prévoyais. J’ai téléphoné au numéro gratuit et, ça c’est un scoop, la pièce de rechange existe et ils vont me l’envoyer dans les deux jours.
Dernière nouvelle au 20 janvier : pièce reçue aujourd’hui... et c’est la bonne pièce, je me pince, j’y crois pas !
18 janvier 2009
Comment ça va ?
- Comment ça va ?
J’aimerais bien pouvoir répondre :
- Très bien merci.
Mais je ne peux pas :
- En fait j’ai un peu mal à la gorge, je termine un rhume, tu comprends. 
- Tu as souvent le rhume.
- Deux fois par année : Chaque hiver de novembre à avril et puis de mai à octobre, le rhume des foins. Les allergies tu comprends. D’ailleurs avec cette poussière à l’intérieur et ce froid à l’extérieur ! Je pense que je couve deux rhumes. Je suis venu travailler grippé. J’aurais pas dû car maintenant c’est pire. Mais je voulais pas trop manquer. C’est pas juste, j’attrape toujours tout.
- Mmm.
de Honoré Daumier, avant 1879
- J’me dis que ce serait plus rapide de t’expliquer ce qui va que ce qui ne va pas. Je dois réfléchir, attends. En ce moment je pense que je ne souffre pas trop du talon gauche... quand je suis couché. Mais la nuque, le dos, les tendons d’Achille, l’estomac quand j’ai mangé de l’ail, et puis mes migraines. Je dois avoir quelque chose de très rare. D’ailleurs même le docteur n’a pas trouvé ce que c’est. Même en faisant des examens. J’ai pas ta chance, t’es jamais malade, toujours en forme. Hein ?
- ...
- Mais t’es où, Hé, t’es où, t’es plus là ?
30 décembre 2008
Problèmes de connexion
Problèmes de connexion du nouveau modem WIFI. La publicité annonçait pourtant : « il suffit d’un clic et tout fonctionne.»
Téléphone à la hot line : Pianotage musique attente. Puis la voix dédaigneuse d’un homme prend le relais :
- Vous avez essayé le code LAN ? (ou quelque chose comme ça)
- J’ai suivi l’assistant de configuration.
- Vous avez un modèle 33784 ou 73784 ?
- Je ne sais pas.
- Il faut vérifier.
- Où ?
- Ben, sur le modem.
- C’est écrit Motorola 454.
- NON ! ça c’est le modèle.
Je retourne le modem dans tous les sens. Finalement, caché à l’endroit le moins accessible je découvre une vingtaine de chiffres dont ceux qui semblent intéresser le monsieur.
- Effectivement nous avons eu des problèmes. Je vous fais une double entrée en CDF ?
Ne comprenant rien, je lui donne ma bénédiction :
- Ça me paraît parfait.
En deux heures, et un clic comme sur la pub, tout est fait.
- Et sur le portable ?
- Vous faites la même chose.
- C’est-à-dire ?
- Ce que l’on vient de faire.
- Je dois entrer ces données ?
- Ben oui, vous pouvez pas les lui donner oralement !
- Mais comment ? On peut les copier ?
- Si vous avez une clé WLAN. Ai-je répondu à vos questions ?
- Est-ce que le câble du modem peut être branché à une autre prise de téléphone ?
- Je ne comprends pas. Ai-je répondu à vos questions ?
Je pense « non » mais assure que « oui ».
Ça a fonctionné quelques jours puis panne à Zurich. Téléphone le week-end à la hot line qui promet de nous rappeler... et le fait !
- Est-ce que tout est en ordre ?
- Non, ça ne marche toujours pas.
- Ah bon. Ça doit être le modem.
- Ça arrive souvent ?
- De temps en temps.
- C’est ennuyeux.
- En principe ils devraient fonctionner.
Tant mieux, c’est une bonne chose me dis-je en aparté.
- On va vous en envoyer un autre. Par exprès.
Par exprès signifie que malgré le billet demandant au facteur de déposer le paquet Swisscom devant la porte, il faut aller le chercher à la poste, non pas près de chez nous, mais à Lausanne et signer une fiche de livraison. Après deux-trois jours il est ici... pile au moment où l’ancien modem remarche.
Téléphone à 18 heures de Swisscom.
- Oui oui, ça a l’air de marcher.
Téléphone à 20 heures d’une autre personne de Swisscom.
- Ben, euh non, ça ne marche plus.
- Test, réglage, intervention à distance sur mon ordinateur.
- Numéro du modem ?
Je le retourne : « 78455..... »
- Tout a l’air en ordre chez nous. Ça devrait fonctionner.
Reformatage, essais divers pendant trois heures.
- Si jamais il faudra voir pour la compatibilité de votre carte réseau.
On raccroche. Je vais me coucher. Et pendant la nuit, illumination ! Dès le lendemain je vais vérifier. Et je trouve l’astuce : Il faut enclencher le modem !! A prévoir chez Swisscom dans les procédures de vérification. En fait il y a deux interrupteurs, un derrière et celui de devant qui se déclenche quand on retourne le modem... pour vérifier le numéro de série.
16 octobre 2008
Merci ! Monsieur le PDG
Compter pour quelqu'un, n'être pas qu'un numéro parmi d'autre, être reconnu dans son unicité, voilà ce qui nous est arrivés hier sous forme de livraison postale. Accompagnant les capsules de café commandées, un cadeau nous était offert. Des Amarettis choisis pour nous par Nespresso. Peut-être le PDG n'est-il pas allé se les procurer chez un traiteur, peut-être a-t-il envoyé sa secrétaire. Mais, une chose demeure : nous sommes précieux pour lui. Il est reconnaissant de la confiance qu'année après année, commande après commande, nous lui renouvelons et il tenait à nous le faire savoir. En tant que membre du club, nous faisons un peu partie de la famille comme vous l'avez délicatement fait remarquer : "Jour après jour, vous nous apportez les preuves de votre attachement à Nespresso."
Eh oui Monsieur le Directeur, vous nous avez fait sentir la chance que nous avons de faire partie de ce cercle fermé auquel seuls quelques cetaines de millions de privilégiés peuvent se targuer d'appartenir : le Club Nespresso.
"Nous avons souhaité vous offrir ce cadeau, sélectionné spécialement à votre attention."
Quelle délicatesse, quelle prévenance. Comment a-t-il su qu'Olivia adore les Amarettis ? ça fait du bien de se sentir quelqu'un, une personne avec ses préférences, ses habitudes, ses spécificités.
"Par ce geste, nous vous exprimons toute notre reconnaissance."
Par ces quelques mots, à notre tour, Monsieur le Directeur, nous vous exprimons toute notre gratitude. Nous sommes sensibles au temps que vous nous avez consacré malgré un agenda sans doute chargé. Vous nous avez acceptés dans votre club, c'est un réconfort, en ce monde où parfois seul compte le profit, qu'il se trouve encore des gens pour qui l'être humain prime. Monsieur le Président Directeur Général, merci.
04 octobre 2008
Contrôle de véhicule
Onze heures du soir. Encore 3 kilomètres et je serai arrivé. Je passe sous le pont et... merde : avec sa lampe torche rouge, un policier m’enjoint de me rabattre.

- Simple Contrôle, Monsieur.
Oh, le bol.
- Veuillez montrer permis, permis de circulation.
- Voilà.
- Vous habitez toujours au Noirmont 3 ?
- Ben, c’est-à-dire, j’ai déménagé.
- Ah bon, il y a longtemps ?
- Ben euh, une année, ou deux, non ça fait déjà... J’en retranche un peu, ben euh, ça passe vite, trois ou quatre ans.
- Mmmh mmh, et vous n’avez pas fait le changement l’adresse ?
- Je savais pas que c’était nécessaire.
- Oh ! Oh ! Bien sûr qu’il faut faire un changement d’adresse.
- Ah, il faut le signaler.
Il pointe deux lignes microscopiques au verso du permis.
- Oui c’est écrit là, en bas.
- Et comment ça se passe ?
- Il faut que vous contactiez la Blécherette.
- Ah bon.
- Je vous mets pas d’amende, je vous fais confiance.
Ouf, quelle chance.
- Merci, au revoir, salutations chez vous, à votre femme, à votre amie, à toute la brigade, pensé-je très fort en redémarrant.
Quelques jours plus tard
021 316....
Driiiing, driiiing, un déclic
- Bienvenue au service des automobiles et de la navigation. Merci de sélectionner parmi les options suivantes :
Tapez « 1 » si vous désirez modifier une convocation d’inscription technique ou d’examen de conduite pratique ou théorique.
Tapez « 2 » pour toutes questions concernant la taxe ou le contentieux.
Tapez « 3 » pour toutes questions concernant les avertissements, retraits de permis de conduire, contentieux et les dossiers médicaux.
Tapez « 4 » pour toutes autres questions.
Je me décide pour le « 4 ».
- Tapez« 1 » pour toutes questions concernant la navigation.
Tapez « 2 » pour les autorisations spéciales, les camions et les plaques de couleur.
Tapez « 3 » pour toutes questions techniques se rapportant aux véhicules.
Tapez « 4 » pour toutes autres questions.
Mon cas ne paraît pas être prévu. Une nouvelle fois je tape « 4 ».
- Tous nos collaborateurs sont occupés, merci de patienter, vous pouvez consulter notre site Internet sous www..... Vous pouvez aussi rester en ligne.
Arrivé jusque là, ce serait trop bête de raccrocher.
Musique. J’essaie de baisser le son tout en veillant à ne pas manquer la fraction de seconde pendant laquelle un être humain se penchera sur ma requête.
- Vous êtes le numéro 5.
Encore rien pour le moment. Musique. Attente.
- Vous êtes le numéro 4.
Ah bon, déjà, ça va.
Musique.
- Vous êtes le numéro 4.
Pourquoi ils m’interrompent pour ça ???
Musique.
- Vous êtes le numéro 4.
Je sais. Musique.
- Vous êtes le numéro 3.
Ah, espoir, une lueur se profile au bout du tunnel.
- Vous êtes le numéro 3.
Musique.
- Vous êtes le numéro 3.
Musique.
- Vous êtes le numéro 3.
Musique.
- Vous êtes le numéro 2.
J’approche du Nirvana.
MUSIQUE. Ne prendre aucune risque : je remonte le son.
- Vous êtes le numéro 2.
MUSIQUE.
- Vous êtes le numéro 2.
MUSIQUE.
- Allô ?
Je me précipite.
- Allô, oui bonjour Mademoiselle.
- J’écoute
- Oui, merci, voilà, j’aimerais faire changer l’adresse sur mon permis.
- Vous avez le permis bleu ?
- Oui.
- Il faut demander à la san la formule d’échange contre un PCC.
- Mademoiselle, je ne comprends rien, de quoi s’agit-il, de la formule bleue d’échange ?
- MAIS NON, (abruti), la formule d’échange !
- Et que dois-je faire ?
- Vous devez la remplir.
- Oui, mais où se trouve-t-elle ?
- Vous pouvez passer au guichet ou la télécharger par Internet.
- D’accord, mais de quelle formule s’agit-il ?
- La BLEUE, je vous ai dit.
- En fait, la couleur c’est la seule chose que j’avais comprise. Mais PC quelque chose... ?
- C’est pas obligatoire, ça vous coûtera 30 francs.
- C’est pour un changement d’adresse.
- Ah fallait le dire. Vous avez encore le permis bleu ?
- Oui.
- Alors il faut demander le changement contre un permis format « carte de crédit ».
PCC, je viens de comprendre.
- Et je peux le faire par Internet ?
- Vous trouver le document sur Internet. Il faut nous l’envoyer.
- Par Internet.
- Mais nOoon.... Vous n’avez qu’à passer au guichet avec la formule PCC, votre ancien permis et une photo couleur.
- Je ne peux pas vous les envoyer ?
- Comme vous voulez.
- Parfait, merci Madame.
- Au revoir. Clic.
En ce moment, telle une bouteille à la mer, ma demande se trouve quelque part entre Crissier et un bureau là-haut. J’ai tenu ma promesse. J’aurai peut-être bientôt un nouveau permis de conduire.

