Arrivée à Nice
Lundi 14 mai
Première surprise : l’avion d’easyJet s’est posé à l’heure prévue. J’avais sollicité ma collègue pour me rappeler de reprendre
mon appareil photos et mon sac. On ne peut pas penser à tout : j’avais omis de mentionner ma veste. J’étais là pour surveiller les élèves. Le rôle dévolu Delphine, mon accompagnante, était de surveiller le surveillant. Pas moyen de franchir à l’envers le portique d’arrivée pour aller récupérer mon blouson : l’alarme générale se déclenchait dans toute l’aire d’arrivée. Le comptoir d’easyJet se trouve un étage plus haut. En trente minutes, le temps pour Delphine de se renseigner sur le numéro de bus à prendre, une employée était de retour avec ma veste. Aucun élève n’ayant oublié quoi que ce soit, le voyage pouvait commencer sous les meilleurs auspices.
— Bonjour, vous êtes le groupe que je viens chercher ?
Comme personne, à Nice, n’était censé être au courant de l’heure et du lieu de notre arri-vée, j’ai précisé à la dame aux cheveux courts qui nous interpellait que « Non, il devait s’agir d’un autre groupe. »
— Ah, vous n’êtes pas belges ?
— Non, nous venons de Suisse.
— Alors c’est cet après-midi que je vous vois. Ça vous irait un peu plus tard ?
Devant mon regard interloqué, elle poursuivit :
— Vous n’avez pas eu mon dernier mail ?
— Mais, quel mail aurions-nous dû recevoir ?
— Pour la visite de Nice cet après-midi, ma collègue est malade. Mais nous ne laissons jamais tomber personne. C’est moi qui vais la remplacer.
Je n’ai pas compris par quel phénomène elle était à l’arrêt du bus 23 du terminal 1 juste en même temps que nous, en trouvant cela tout à fait normal. Nous en avons profité pour convenir d’un rendez-vous à quinze heures devant la fontaine de la place Masséna.
Pour un euro, le bus nous conduisit en cinquante minutes dans les hauts de Nice. Un coup de fil à l’hôtel a suffi pour que la réceptionniste nous envoie deux navettes « devant le camion-pizza ». Ce choix surprenant d’un point de rencontre devant un véhicule prolongeait cette impression de voyager, depuis la rencontre de l’aéroport, dans un monde parallèle. Un camion-pizza était bien stationné de l’autre côté de la place Saint-Maurice.
En cinq minutes, deux minibus nous ont conduits à la Villa Saint-Exupéry Garden. C’est une espèce d’auberge hors du temps, aménagée dans une ancienne chapelle. Les employés sont majoritairement d’anciens visiteurs charmés qui ont décidé de rester. La langue officielle, c’est l’anglais. Jane, la demoiselle blonde tout sourire qui vient de nous véhiculer, habitait l’Australie. Sa collègue noiraude, c’est une Jane coréenne. La jeune fille qui nettoyait les cou-loirs est anglaise. Le lendemain au petit déjeuner, ce sera une Norvégienne qui veillera à compléter le buffet. L’effigie du Petit Prince orne les portes d’accès aux couloirs des étages. Chaque chambre est dédiée à un peintre : Chagall, Van Gogh, Matisse, Klimt, Cézanne, Mon-net, Picasso, etc. J’hérite de la Renoir, dont les murs sont décorés de magnifiques reproduc-tions. De la fenêtre, la vue sur des palmiers et la baie de Nice prolonge l’aspect pictural du lieu


Du café, du thé, du chocolat sont à disposition des hôtes qui peuvent se servir toute la journée. Devant un grand vitrail moderne, ou dehors sur des terrasses ombragées, chaises et tables invitent à oublier les problèmes du monde. Mais si le monde nous intéresse, une vingtaine d’ordinateurs et une connexion WIFI sont à disposition.