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24 août 2022

Chroniques persanes XXIII : Le retour (fin)

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Leyla est restée éveillée pour nous accompagner à l’aéroport avec Hamed. Il retrouvera chez lui à Téhéran son fils de dix ans, Leyla retournera chez elle à Chiraz en treize heures de bus. Au moment de prendre congé, Hamed nous serre contre lui. Leyla est si heureuse d’avoir pu reprendre son métier, « grâce à vous » répète-t-elle plusieurs fois, les larmes aux yeux. À deux heures du matin, on se sépare à l’entrée de l’aéroport Imam Khomeiny, encore lui, présent partout sauf dans le cœur des Iraniens.

Au comptoir, la queue fait déjà une trentaine de mètres. Heureusement qu’on est en avance, dit quelqu’un, mais je suis trop fatigué pour savoir qui. Il s’avère que c’est pour un vol qui précède le nôtre. Entre Zurich, Paris et Genève, on sera sur quatre vols différents. Philippe, inscrit plus tard, pourra prolonger son apéro à Istanbul. On attend debout à côté de nos bagages. Après une bonne heure, l’indication de notre vol apparaît au-dessus des comptoirs. Une dizaine de guichets sont prévus, mais seuls deux d’entre eux sont opérationnels. Devant l’un d’eux, une femme palabre depuis dix minutes. Un homme attend au comptoir d’à côté. L’agent censé enregistrer ses bagages fait des allers-retours entre le comptoir et un bureau adjacent. Vingt minutes plus tard, la femme et l’homme ont passé. Je calcule qu’à ce rythme, on partira le surlendemain. Des employés s’en vont, personne ne les remplace. Après trente minutes, d’autres employés arrivent. Les indications se sont modifiées, notre vol a disparu des écrans. Au moment où on allait faire demi-tour, à passées trois heures du matin, les coordonnées de notre vol réapparaissent. Le colonel, ancien pilote de ligne de Swissair, est convaincu que notre avion n’est pas encore arrivé. J’ai une pensée pour mon lit d’hôtel.

On finit par décoller avec plus d’une heure de retard. À Istanbul, avec Andrea, on bouscule tout le monde en nous précipitant hors de la carlingue. En deux secondes, on est trop loin pour entendre les protestations, le son ne va pas assez vite pour nous rattraper. On bat en quarante minutes le record du monde de la traversée de l’aéroport d’Istanbul. On saute dans l’avion pour Genève juste avant qu’il ne soit trop haut. IMG_7764

Il y a, paraît-il, 50’000 bagages perdus entreposés dans un hangar à Düsseldorf. La téléportation existe dans certaines circonstances : après Téhéran et Istanbul, nos valises, Inch Allah, nous attendaient sagement sur le tapis roulant à Genève.

Dans le train depuis l’aéroport, avec Andrea, on se sent d’un autre monde. Par la fenêtre du compartiment, on voit les arbres verts, les maisonnettes et le lac au sud, l’autoroute et le Jura au nord. On retrouve la Suisse toute proprette comme on l’avait laissée.

 

 

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