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12 juin 2012

Nice : derniers jours

Mardi 15 mai
2012 Nice (66)La veille,en fin de journée, quatre élèves et moi remontions en tram à la villa Saint-Exupéry. Le cinquième billet était composté à l’envers, ou n’était pas valable. Nous allions l’apprendre à nos dépens, car c’est évidemment le moment qu’ont choisi trois contrôleurs pour monter.
— Tous les billets s’il vous plaît.
Je tendis les quatre billets valables ainsi que le cinquième.
Inspection rapide d’un des hommes qui me rendit les coupons.
— C’est bon !
C’est le moment que choisit Florence pour commenter le bon tour dont les contrôleurs venaient d’être victimes :
— Hi, hi ! Ils ont même pas vu !
Le plus menaçant se tenait juste dans son dos. Il a levé la tête, prêt à fulminer.
— Bien sûr qu’il a remarqué, c’est imprimé derrière, ai-je lancé dans une tentative désespérée de nous épargner une suite désagréable.
— Bien sûr qu’on a remarqué, a-t-il confirmé sans trop savoir de quoi l’on parlait.
Il a rejoint ses collègues à l’avant et nous sommes descendus à l’arrêt Comte de Falicon pour rejoindre la villa.
Au programme de ce mardi, une excursion à Marineland. Fabuleux spectacle d’orques (on dit une orque) et fantasia de dauphins.2012 Nice (108)
A l’invite du présentateur, des garçons et quelques filles se sont approchés du bassin. Ils ont vérifié par eux-mêmes que l’eau est un élément liquide, froid et produisant une sensation désagréablement mouillée sur le torse. Ils ont passé une bonne partie de la pause de midi à tenter de faire sécher leur T-shirt devant la cage des ours polaires puis au restaurant de hamburgers.
Le soir, repas dans le vieux Nice sur une terrasse tempérée par des chaufferettes au-dessus des têtes.
Plus tard, au bar de l’hôtel, le propriétaire, un homme grisonnant aux yeux pétillants et à la moustache blanche et frisée, a partagé son expérience avec ma collègue et moi.
— Comme fou l’entendez, che suis allemand.
Il a passé sa vie comme ingénieur en Nouvelle-Zélande avant de revenir en Europe.
— Mais, poursuivit-il, j’avais envie de faire quelque chose. J’ai racheté cette chapelle. J’étais venu ici pour six mois… ça fait six ans. On est toujours classé dans les trois meilleures auberges de France, sur quinze mille ! Avec Erasmus, il y a beaucoup d’échanges. Des Canadiens, un peu moins les Américains, des Australiens, des Néo-Zélandais profitent de leurs vacances pour visiter. Les étudiants qui voyagent en Europe viennent presque toujours sur la côte d’Azur. Ils 2012 Nice (168)finissent pratiquement tous chez nous.
L’hôtel évoque un backpack australien. Dans son auberge espagnole, personnel, visiteurs, enfants, groupes, étudiants, retraités : tout le monde parle anglais.

Mercredi 16 mai
Réveil à huit heures. Short ou pantalon ? Un ciel un peu chargé incitait à la prudence. Un coup d’œil sur les prévisions du temps dissipa mes doutes : short. Une température de dix-neuf degrés était prévue. Une demi-heure plus tard, le soleil avait chassé les nuages : la météo a toujours raison.
Les élèves avaient les yeux qui se croisaient, les cheveux dans tous les sens, et ils baillaient à chaque pas. Ils avaient peut-être dormi trois heures par chambre si l’on additionnait les heures de sommeil des quatre occupants.
Le musée Matisse est composé d’une jolie bâtisse rouge et d’une annexe plus récente construites sur une colline des hauts de Nice. On flâna dans la roseraie d’un monastère, on récupéra les élèves endormis, et l’on descendit le long d’un chemin au milieu des oliviers pour atteindre l’entrée du bâtiment où nous avions rendez-vous à dix heures.2012 Nice (159)
La conservatrice passionnée et passionnante a réussi à nous captiver sur l’évolution de la peinture du maître. De la ligne figurative aux formes de couleur puis aux papiers collés découpés, nous avons suivi soixante ans du parcours de l’artiste à travers six salles de sculptures, dessins et peintures.
Plus tard, au bord de la mer, on avait froid même en essayant de s’abriter du mistral. Julie, Alizée, Maude et Anna ont trouvé le courage de se baigner dans une eau à seize degrés.

Sophie et Zoé se sont renseignées sur le temps libre à disposition.2012 Nice (176)
— Il vous reste de l’argent pour combien de temps ?
— Euh, ben…
— Ça vous coûte environ trente euros les vingt minutes ?
A voir les sacs ramenés à leur retour, ça devait être à peu près ça.
C’est Julie qui a eu le mot de la fin. A la question « Qu’as-tu préféré dans ce voyage ? » elle a répondu :
— Ben, le souper hier soir, et Marineland, pis… le shopping, la vieille ville, la baignade, l’hôtel…
— Tout, quoi ?
— Euh… oui !

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