Corinthe


Corinthe est une agglomération assez quelconque que la postérité retiendra pour avoir donné son nom aux fameux raisins secs. Le meilleur endroit pour les consommer serait une plage, le plus éloigné possible de la ville. Les avenues sont banales et poussiéreuses, les quais du bord de mer, bétonnés. Mais le petit hôtel Enalio Suite, situé juste après une des nombreuses zones industrielles ceinturant la cité, est un îlot de charme et de tranquillité, protégé par une palissade, avec petite plage privée, piscine, et service attentionné. La veille du départ à la question « Quand devons-nous remettre la chambre ? », la réceptionniste, après consultation du registre des réservations, a répondu : « Quand vous voulez ». ça changeait de Porto Germenos où, après une semaine dans son studio, le propriétaire nous avait demandé :
- Quand voulez-vous partir ?
- Euh… vers seize heures.
- Très bien, mais il faudra me payer quelque chose.
- Combien ?
- Vingt euros.
On avait finalement transigé pour quinze heures et dix euros.
- Spécialement parce que c’est vous.
Et sa main avait goulument avalé le billet. 
Chaque jour la température grimpait de un ou deux degrés. A onze heures le soir, il faisait plus de trente degrés. La journée, si l’on pissait derrière un arbre, le liquide s’évaporait avant de toucher le sol. Aujourd’hui, à part une petite excursion tout à l’heure, on a décidé de rester à l’abri de la climatisation.
6346 m de longueur, 24,60 m de largeur, 52 m de profondeur. N’ayant pas la patience d’attendre les quelques centaines de milliers d’années nécessaires pour que la nature parachève son travail de séparation du Péloponnèse et de l’Attique, les hommes ont terminé en 1893, après dix ans de travail, un projet envisagé depuis l’Antiquité : le percement du canal de Corinthe reliant le golfe Saronique au golfe de Corinthe.
Après son « Tout ce trajet pour aller voir un canal ! » même Leah a admis que celui-là, il était quand même spectaculaire.