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2 août 2017

Japon I

Premiers jours

2017

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2017

On entre dans un petit grill de teriyakis en face de notre hôtel à Tokyo. Il n’y a que des Japonais. On demande par gestes une table à une réceptionniste toute stressée. Tout est complet. Oui, même la table vide au fond. Et le lendemain également. Elle nous en indique un autre un peu plus loin sur la même avenue. Elle paraît soulagée de nous voir ressortir. Elle n’aura pas perdu la face avec des gaijins, leurs manières bizarres, leur commande sur laquelle on risque de se méprendre avec à la clé la honte de ne pas les satisfaire.

Dans le restaurant indiqué, un garçon efféminé en kimono parle un peu d’anglais. Il nous installe les six à une table. Etonnamment, les restaurants sont le seul endroit où l’on fume au Japon.

-    Quelques minutes après qu’on a passé notre commande, on voit le garçon revenir, l’air gêné. Il effectue force courbettes d’excuse : « Maintenez-nous votre commande ? »
-    Que se passe-t-il ?
-    Il risque d’y avoir cinq ou dix minutes d’attente.

Le temps est une notion relative selon les pays…
Un soir on est entré dans un restaurant. En ressortant moins de deux heures plus tard, on n’a pas reconnu l’endroit : une tranchée avait été creusée, des bornes lumineuses arrêtaient le trafic, des camions, des trax et des machines occupaient l’espace. Le temps d’un repas, un chantier avait surgi devant l’entrée du bâtiment, comme une scène pour une caméra invisible où l’on a l’impression de devenir fou en ne reconnaissant rien de l’endroit par lequel on vient de passer. Le lendemain, tout aura été rebouché.

2017La propreté est absolue. On pourrait marcher pieds nus dans les couloirs du métro et se coucher sur le plancher des wagons. Pas un tag, pas un papier par terre, même en l’absence des poubelles qui ont été retirées suite à l’attentat du métro il y a trois ans. À la sortie des trains, les voyageurs déposent leurs éventuels déchets dans des sacs plastiques tendus par des employés aux gants blancs. En fin de journée, le sol est toujours immaculé.

En matière d’hygiène, un simple poussoir permet d’actionner les toilettes chez nous. Au Japon, il s’agit d’un poste de commande comportant des dizaines de boutons permettant de régler l’intensité et la direction de divers jets dissimulés, le volume de la musique et probablement, me dis-je, la chasse-d’eau. Tout est indiqué en japonais. J’ai peur de déclencher un cataclysme ou de voir accourir le service d’urgence. Je finis par découvrir que le quatrième bouton de la deuxième rangée fait l’affaire.

Au grand soulagement du serveur, on a maintenu notre commande, qui est arrivée cinq minutes plus tard. Lorsque l’on ressortit, il nous remercia et s’inclina jusqu’au sol en signe de déférence pour les clients tolérants que nous avions été.

 

 

 

 

 

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