Chronique persanes X : Persépolis


Il était une fois dans l’Orient lointain un empire grand comme quinze fois la France, qui couvrait l’Asie Centrale de la Grèce jusqu’à l’Inde. Il y a deux mille cinq cents ans, les rois d’Égypte, d’Éthiopie, du Caucase, les Princes indiens, et les seigneurs d’Asie venaient présenter leurs offrandes dans la capitale des Achéménides, fondée par Darius en 518 av. J.-C., Jésus-Christ qui a cette époque n’avait pas
encore beaucoup d’importance. On était encore bien loin des croisades et des guerres de religions qui arriveraient plus tard avec le progrès. La cité presque intacte a émergé des sables avec ses colonnades, ses bas-reliefs de chevaux et d’éléphants, de tigres et d’antilopes se présentant à nos yeux dans ce musée à ciel ouvert. Le long des rampes d’un escalier menant au Palais principal, chaque peuple, de la mer Égée aux confins de l’Inde, de la mer Rouge aux contreforts de l’Himalaya, a eu droit à un hommage sous forme d’un cortège de personnages sculptés présentant la diversité de ses habitants. Les habits, tuniques, robes, boucliers, les traits physiques, barbes, cheveux crépus, visages glabres, les offrandes, béliers, bœufs, chameaux, chevaux, jarres, vases, épées, tout est reconnaissable plus de deux mille ans après leur réalisation.
Une avenue avec des gardes évoquant des sphinx, mène au Palais entouré de colonnes droites de style grec ou torsadées arabisantes. Ce mélange de civilisations semble cohabiter en toute harmonie à Persépolis depuis deux mille cinq cents ans.
En dépensant l’équivalent du budget annuel de certains pays, mais je n’étais pas son comptable, le Chah y a célébré en 1971 les deux mille cinq cents de l’empire perse. Les ayatollahs qui lui ont succédé ont eu la bonne idée de ne pas tout détruire pour autant et hier, au côté de Palmyre, mais aujourd’hui sans Palmyre qui a vu passer les combattants de l’État islamiste, Persépolis offre le fabuleux panorama d’une cité antique arrivée jusqu’à nous.
