22 février 2009
Le syndrome du boulanger
Certaine personne, surtout parmi les petits-chefs-qui-veulent-appliquer-le-règlement s’efforcent à tout prix d’éviter de provoquer ce qu’ils appellent « un précédent».
Par exemple si, dans un service, l’on suggère d’utiliser une salle libre pour un repas en commun, la réponse sera « non, car cette possibilité n’est pas offerte dans les autres services ».
- Est-il possible de s’abonner à telle et telle revue ?
- Il n’y a plus d’argent dans la caisse « journaux » mais il resterait quelque chose pour le « matériel électronique ».
- Mais c’est beaucoup plus cher !
- Ce n’est pas la même caisse, si on ne dépense pas l’argent maintenant, on ne l’aura plus l’année prochaine.
Fernandel
En arrivant régulièrement en retard, un des employés a créé un précédent. Pour éviter d’en faire un cas personnel, on a mis au point une procédure compliquée de pointage pour tout le personnel.
- J’ai terminé mon travail, est-ce que je pourrais m’absenter un peu plus tôt aujourd’hui ?
- S’il n’y avait que vous, bien sûr, mais dans notre contexte ce n’est pas possible car je serais obligé de laisser partir tout le monde plus tôt.
Cette manière de créer des problèmes où il n’y en a pas, je lui ai attribué un nom : « le syndrome du boulanger ». En effet, si tout le monde était boulanger, ça n’irait plus, il y aurait trop de pain.
08 février 2009
Heureux ?
Lundi matin en arrivant au travail, je vis depuis ma voiture de l’autre côté de la route un type qui traînait le monde et des rouleaux de papier sur ses épaules. Même de loin on l’entendait penser encore une semaine à tirer et le lundi est à peine entamé. Il effectuait des va-et-vient d’une fourgonnette blanche jusqu’au trottoir où il déposait son paquetage. Enfin, muni de seaux et d’une brosse, sa casquette vissée sur la tête, les épaules basses, il revint vers un gros panneau d’affichage qu’il badigeonna d’une colle blanche avant d’y appliquer machinalement les bandes de papier déposées à ses pieds. Il ne regardait ni à gauche ni à droite, il apposait des affiches pour, à la fin du mois, toucher de quoi subsister jusqu’à la paye suivante et si possible jusqu’à une retraite qui ne devait plus être trop éloignée.
Le feu rouge d’où je l’avais remarqué est devenu vert. En passant devant lui, j’ai consulté ce qui figurait sur l’affiche. Un type blond hilare, des lunettes sur le nez, souriait béatement en révélant au monde entier cette confidence : « McOptic vous rend heureux ! »


