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27 juin 2015

Voyage d'étude à Nice II : Visite au zoo

   

2015

 

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2015

 

     On entame près de deux heures de marche (mais on ne s’en doute pas encore) le long de la baie des Anges jusqu’au parc Phoenix, jardin zoologique à côté de l’aéroport. La coupole blanche de l’hôtel Negresco, d’où l’on ne serait pas surpris de voir sortir Greta Garbo en longue robe noire, domine des immeubles dont la structure de béton lézardé et de verre translucide des années soixante se dressent tels des verrues le long des quais. La Promenade des Anglais a conservé ses claies de bois blanc et ses bancs tournés vers le large depuis que les vacances ont été inventées.

     On longe l’aéroport, on traverse deux boulevards en attendant docilement que le feu piéton devienne vert, ce qui se produit une fois toutes les dix minutes, et on se retrouve dans un quartier de banlieue où des hôtels miteux côtoient des stands de kebabs. Quelques mendiants squattent l’entrée d’un magasin casino. Les garçons de la classe se font des passes avec un ballon usé qui traînait par là.

   On marche encore un kilomètre autour de l’enceinte du parc Phoenix, avant d’atteindre l’entrée que des panneaux nous promettent tous les cents mètres.

   Notre arrivée interrompt les activités de l’employée au guichet :
-
Bonjour, nous sommes un groupe de vingt élèves et deux accompagnants.

Elle lève la tête, contrariée :
-
Vous vous êtes annoncé ?
-
Je ne pensais pas qu’il fallait réserver pour visiter un zoo.

La demoiselle constate qu’il reste suffisamment de places pour vingt-deux personnes. A contrecœur, elle imprime nos billets.

   Les affiches d’un loup à l’entrée du parc, légendées « de la montagne à la mer », annonçaient juste une conférence, aucun loup ne se balade dans un enclos du parc Phoenix. Pas de chauves-souris non plus, la grotte des chauves-souris à droite de l’entrée contient uniquement des photos.

2015

2015

2015

   Un snack en plein air propose des sandwiches sous cellophane, des frites, des pâtes et de la salade dans des barquettes plastique. Le plan du site indique un restaurant près de l’aquarium, mais personne ne peut nous renseigner. On finit par l’apercevoir sous le dôme de la serre, atteignable au moyen d’un ascenseur en panne, au sommet d’un escalier barré d’un double ruban. Retour dans la file d’attente du snack. Un employé transmet les commandes à sa collègue, une jeune fille blonde qui hurle à travers les tables dès qu’une commande est prête. J’ai droit, quand mon tour arrive, à une portion de dix grammes de mayonnaise et à la remarque « vous en avez sur votre plateau ! » lorsque je demande un supplément.

   Une chaleur humide nous enveloppe dans la serre tropicale. Sous des feuilles de bananiers géants, des palmiers, orchidées, caféiers et cactus poussent dans toutes les directions. Nous, on pousse une porte et l’on accède à un large couloir prolongeant la serre. Trois caïmans à lunettes d’une cinquantaine de centimètres sont vautrés derrière une vitre. Des poissons jaunes et bleus fluo décrivent des ronds dans leurs aquariums, indifférents à l’agitation d’une meute d’enfants que leurs maîtresses s’efforcent en vain de calmer.

   A l’extérieur du dôme de verre, des aras et deux cacatoès, accrochés au barreaux de leur cage, se crient dessus, des flamants roses et des canards sondent la vase d’un étang, deux nandous se baladent en dressant leur cou d’autruche au rabais, des wapitis, ces kangourous miniatures, se prélassent dans leur enclos, deux lémuriens de Madagascar sautent de cordes en branches dans une cage et des tortues, dissimulées parmi les cailloux d’un cours d’eau, profitent des rayons du soleil.

   Avant d’en repartir, Marco et quelques élèves, accrochés à un harnais élastique au-dessus d’un trampoline, imitent les lémuriens pour quatre euros cinquante les cinq minutes.

   A l’extérieur du parc, on aboutit à un arrêt de bus après deux kilomètres de marche. Quelques bus s’arrêtent, flanqués d’un signal « ne prend pas de passagers ». Plusieurs bus ne ralentissent même pas. On envisage de s’installer pour la nuit lorsque le chauffeur d’un bus providentiel, car il accepte des passagers, immobilise son véhicule devant nous.

   Le soir, quiche, salade et poulet masala à l’hôtel. Très bon, un bémol : on sera presque tous malades le lendemain. Après la victoire deux à un de la Juve sur le Réal, je frappe à la porte des garçons de la 317. Quand j’entends : « Le mot de passe ? » j’annonce « Monsieur Didisheim ».
  
La porte s’ouvre instantanément : j’ai décrypté le code secret. Ils sont tous là, sans doute près à dormir jusqu’au lendemain matin à 9h15, l’heure du petit déjeuner.

 

 

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