13 juillet

Las Vegas est souvent choisie comme point de départ pour les parcs nationaux, à quelques heures de route dans les Etats voisins de l’Arizona ou de l’Utah. Avec plus de 32 millions de visiteurs par an, elle est de loin la première destination touristique des Etats-Unis. Cette excroissance en plein désert est un condensé de la folie des grandeurs. Les halls des gigantesques hôtels de quatre mille chambres, les lits surchargés de moelleux coussins colorés, les piscines où l’on reçoit deux serviettes et un sourire en prime à chaque passage, donnent au client l’impression de faire partie d’un show. On se sent acteur d’un film hollywoodien. On peut jouer au golf, se marier, ou se rendre de Venise à New York à pieds en traversant le Strip. Cette impression est résumée par Joanna :

« A Las Vegas ce qui vrai est faux et ce qui est faux est vrai.

- C’est vrai. »

17-27 juillet

Départ pour les grands espaces de l’Ouest américain. Blue, Red, Purple road. On emprunte la mythique Road 662010_07_16_Grand_Canyon_026 jusqu’à Tusayan. Au Grand Canyon, on découvre que les déserts sont pleins de monde.

Page. Baignade dans le lac Powell. En face, le dôme orangé d’un rocher volcanique domine les lignes blanches et rouges de falaises abruptes.  Un paysage qui n’a pas changé depuis des millions d’années. Derrière nous, sur le sable, des caravanes, des voitures, des motos, des quads. Les gerbes dégagées par les bateaux et les pétarades des motos marines témoignent des progrès de l’homme dans son combat contre les éléments.

2010_07_18_Lake_Powell_004Après la visite d’Antelope Canyon, on part à la recherche d’un restaurant. Dans un des deux centres commerciaux de Page on rencontre une vétuste pizzeria avec des tables en plastique et deux trois cafés fermés à 3 heures de l’après-midi. En face à côté d’un garage, on se rabat sur un Taco Bell mexicain.2010_07_19_Lake_Powell_005_corr Tout le monde commande le menu « Burritos ». Je me décide aussi pour un burritos et je rejoins les autres à table. Ils ont devant eux une belle assiette avec deux tacos et un grand Coca. Mon petit sandwich rabougris fait triste figure pour quelqu’un qui a commandé la même chose. J’avise une des serveuses.

- Pourquoi ils ont tout ça et je n’ai que ce petit morceau ?

- Ah, mais vous n’avez pas dit « Number one ».

Kayenta. Dernier McDonald’s avant Monument Valley. On choisit la variété et l’on opte cette fois pour le Burger King qui, fidèle à la tradition, se situe juste en face. Les toboggans de la place de jeu sont rouges et les Big Macs s’appellent Whoppers.

A Moab, même les cafés sont jolis. Il y a une librairie et l’on peut commander des espressos.

2010_07_26_Bryce_Canyon_089Au Harold’s Place à Panguitch, près de Bryce Canyon, on est accueilli par la concierge-réceptionniste-serveuse du motel. Chaque chambre est dans un petit bungalow de bois sur pilotis. Les orages du lendemain ont convaincu tout le monde de leur opportunité. Le WIFI n’est opérationnel que dans une annexe exiguë à l’opposé du parking, mais la climatisation fonctionne. On s’installe avant de se rendre à 200 mètres dans le magasin, aussi authentiquement indien que les cinq cents autres boutiques similaires de la région. On y découvre les mêmes turquoises, revues et cartes des parcs nationaux. Si le cœur nous en dit, on peut y déguster des sucettes transparentes roses, jaunes ou bleues fourrées d’une chenille ou d’un scorpion.

A son retour, Leah a décrit à une copine ces formations rocheuses : « Ce sont des pierres toutes rouges.

- Ils les ont peintes ?

- Non, non ! Elles se sont formées toutes seules et ça s’est appelé parcs nationaux